Rapport Weatherill
Sheila Weatherill a été nommée par le premier ministre Harper pour faire enquête sur ce qui a mené à l’éclosion de listériose qui a tué 22 personnes à l’été 2008, et pour recommander des façons d’éviter la répétition d’une telle tragédie.
Après quatre mois de recherche, Mme Weatherill a livré un rapport qui révélait nombre de faits importants mais ne réussissait pas à aller au fond de la question du déficit d’inspection.
La majorité des 57 recommandations de Mme Weatherill étaient adressées à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Nous effectuons un suivi pour vérifier dans quelle mesure l’ACIA et les autres organismes gouvernementaux donnent suite à ces recommandations. Vous pouvez accéder à ces rapports de suivi au moyen des liens suivants :
- l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)
- le gouvernement fédéral
- Santé Canada
- l’Agence de la santé publique du Canada
- l’industrie agroalimentaire
Bien que son rapport demeure incomplet, Mme Weatherill a révélé plusieurs faits importants :
Pendant les années qui ont précédé l’éclosion, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a manqué à son devoir d’effectuer des vérifications de salubrité obligatoires à l’usine de Maple Leaf qui a produit les charcuteries contaminées.
Un nouveau système d’inspection (le Système de vérification de la conformité ou SVC) qui a été mis en vigueur juste avant l’éclosion était déficient et « des améliorations essentielles doivent y être apportées sur le plan de la conception, de la planification et de la mise en oeuvre ».
Le SVC a « été mis en oeuvre sans que l’on ait préalablement procédé à une évaluation détaillée des ressources disponibles pour s’acquitter de ces nouvelles tâches »
On constatait déjà une pénurie d’inspecteurs avant l’éclosion. « Dans la période qui a précédé l’éclosion, le nombre, la capacité et la formation des inspecteurs affectés à l’usine de transformation des Aliments Maple Leaf du chemin Bartor (l’usine qui a produit les charcuteries contaminées), ceux-ci semblent avoir été stressés en raison des responsabilités qu’ils assumaient dans d’autres usines, de la complexité de l’usine du chemin Bartor, notamment sa taille et ses heures de fonctionnement, et des rajustements qu’exigeait la mise en œuvre du SVC. »
En bref, Mme Weatherhill a trouvé qu’il y avait trop peu d’inspecteurs pour couvrir un territoire trop vaste, et que ceux-ci sont empêtrés dans un nouveau système d’inspection qui n’a jamais fonctionné.
En dépit de ces constatations désastreuses, Mme Weatherill ne demande pas au gouvernement fédéral de remédier immédiatement au déficit d’inspection par de nouveaux investissements. En lieu de cela, elle recommande simplement que l’ACIA mène une évaluation de ses ressources « pour déterminer précisément les ressources d’inspection nécessaires et le nombre d’inspecteurs requis [...] »
Chose incroyable, Mme Weatherill a été incapable de déterminer le nombre d’inspecteurs des viandes et de la sécurité des aliments à l’emploi de l’ACIA, même si elle a interrogé les responsables politiques et bureaucratiques les plus haut placés en matière de sécurité des aliments.
Dans sa réponse au rapport Weatherill, le syndicat des inspecteurs a soulevé la possibilité que l’ACIA et d’autres instances du gouvernement aient sciemment caché des informations ou mené Mme Weatherill sur de fausses pistes relativement au nombre des inspecteurs des viandes et des aliments à l’emploi de l’ACIA.
Mise à jour
Le gouvernement fédéral a fait une annonce importante relativement à la sécurité des aliments qui constitue une réponse directe à votre mobilisation et à celle de milliers de citoyens et citoyennes comme vous qui ont exprimé leur inquiétude face à la pénurie d’inspecteurs des aliments.
