Dans les médias
La salubrité de la nourriture est en jeu, selon les inspecteurs
Apr 26th, 2012
La Presse - Marie Allard
L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) fait des coupes dans ses programmes de salubrité en le cachant au public, a dénoncé hier le syndicat représentant les inspecteurs fédéraux des aliments.
Le ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, «a dit qu’il n’y aurait pas de coupes dans les inspecteurs et les programmes, mais il y en a», a indiqué à La Presse Raphaël Tarasco, troisième vice-président du Syndicat de l’agriculture.
Annoncées dans le dernier budget fédéral, les compressions de 10% des sommes allouées au secteur agricole entraînent la suppression de 650 postes à l’ACIA, selon les syndicats. L’ACIA n’a toujours pas confirmé ce chiffre.
Parmi les victimes, le processus de dédouanement et de suivi des viandes importées des États-Unis est éliminé, a annoncé hier le Syndicat de l’agriculture. «C’est un groupe de spécialistes qui s’assurait que les produits de viande étaient échantillonnés, a expliqué M. Tarasco. On importe environ 50 000 cargaisons par année de viande des États-Unis.»
Information nutritive inexacte dans 58% des cas
Cela s’ajoute à la vérification de l’étiquetage des aliments, des menus de restaurants et de la valeur nutritive des aliments, aussi suspendue, selon le syndicat.
Fait inquiétant, la valeur nutritive de 58% des 621 produits testés par l’ACIA, de 2006 à 2010, comportait des inexactitudes, selon des statistiques obtenues par Postmedia.
«Au cours des réunions du personnel, les dirigeants de l’ACIA ont révélé qu’une transformation radicale – c’est leur mot – de l’inspection prendra bientôt place», a souligné M. Tarasco.
Risqué, selon les libéraux
Ces mesures sont dangereuses pour les Canadiens, selon Frank Valeriote, porte-parole libéral en matière d’agriculture. «Le projet du gouvernement conservateur de réduire considérablement la surveillance de la salubrité des aliments à l’ACIA représentera un plus grand risque pour tous les consommateurs canadiens», a-t-il indiqué.
Dans un courriel envoyé à La Presse, l’ACIA a défendu les décisions prises. «Les changements qui seront apportés à certains programmes de l’ACIA en matière d’étiquetage, tels que l’approbation préalable des étiquettes sur les produits de viande et l’élaboration d’un outil d’autoévaluation en ligne, n’ont pas d’incidence sur la salubrité des aliments», peut-on lire.
Le danger croît avec les coupes Le danger croît avec les coupes
Apr 12th, 2012
Marie Vastel, Le Devoir
Avec 100 inspecteurs de moins, qui garantira la salubrité des aliments? demande l’Alliance de la fonction publique
Ottawa — Nouvelle semaine, nouvelle ronde de coupes annoncées dans la fonction publique. Et cette fois-ci, ce sont 5561 employés qui ont reçu une lettre les avertissant que leur emploi est menacé, auxquels s’ajoutent quelque 1500 professionnels et scientifiques de l’appareil fédéral. Dans la foulée, services aux contribuables et conseillers du gouvernement seront mis de côté. Mais le gouvernement est «malhonnête», car il refuse toujours de préciser lesquels de ses services seront affectés, a dénoncé le principal syndicat hier.
Parmi ces milliers de fonctionnaires angoissés, seule une partie d’entre eux perdront bel et bien leur emploi. Pour le moment, le fédéral les prévient que leur poste pourrait être supprimé; suivra ensuite une décision définitive au terme de laquelle 19 200 fonctionnaires seront remerciés, selon les prévisions du dernier budget. Pour une deuxième semaine consécutive, ce sont donc ces «avis» qui ont été envoyés dans 23 ministères et agences fédérales, notamment à quelque 230 fonctionnaires au Québec.
L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) déplore le flou que continue d’entretenir Ottawa quant au nombre précis de coupes anticipées et des services qui seront touchés. «Jamais, dans toute l’histoire de la fonction publique, nous n’avons vu tant d’avis sortir si rapidement suite à la sortie d’un budget. Le gouvernement se presse pour annoncer et effectuer ses coupes sans indiquer aux Canadiens ce que ça veut dire pour les services dont ils ont besoin», a accusé en point de presse Larry Rousseau, de l’AFPC, qui craint que les citoyens se retrouvent devant le fait accompli.
Un chiffre a cependant été confirmé, hier: une centaine d’inspecteurs de l’Agence d’inspection des aliments seront mis à pied. «Cette décision ne fera qu’empirer la pénurie d’inspecteurs, au lieu d’améliorer les choses. Et puisque le gouvernement n’a pas daigné consulter ses propres inspecteurs, il coupe dans la salubrité des aliments à l’aveuglette, sans comprendre la gravité des conséquences, a fait valoir Bob Kingston, le président du syndicat Agriculture lié à l’AFPC. Sans policiers dans leur rétroviseur, les compagnies auront la partie facile pour tromper les consommateurs en jouant avec notre sécurité.» Après la crise de la listériose, qui avait fait 23 morts au pays, Ottawa avait ajouté 70 inspecteurs à l’agence. Au terme des réductions, ils seront donc moins nombreux qu’avant la crise de 2008. Or, l’agence fédérale assure, par courriel, que «les mesures de réduction des coûts ne compromettent nullement la salubrité des aliments». Au total, plus de 600 employés de l’agence et 842 au ministère de l’Agriculture ont été avertis que leur poste était en péril.
Dans chaque ministère, le discours est le même: parmi la douzaine contactée par Le Devoir, la poignée d’entre eux qui ont offert certains détails quant aux coupes anticipées ont tous martelé que les services ne seraient pas diminués. Aux Anciens Combattants, où 261 fonctionnaires ont appris que leur poste était menacé, on insiste sur le fait que «ces économies n’ont pas de répercussions sur les services et bénéfices offerts aux vétérans», car on y prétend éliminer simplement «des étapes et des formalités administratives inutiles». Mais ils ont tous refusé de confirmer le nombre de postes qui y seraient supprimés, arguant qu’ils en étaient toujours à avertir les premiers concernés en suivant le processus mis en place par le gouvernement. C’est le cas notamment à l’Agence des services frontaliers (1137 avis reçus) ou à Citoyenneté et Immigration (379 postes menacés). Du côté de l’Agence canadienne de développement international (534 emplois en péril) et l’Agence spatiale (30), on n’a pas daigné répondre à la demande d’information.
Or, les ministères et le Conseil du Trésor (qui mène l’opération) connaissaient avant même le dépôt du budget, il y a deux semaines, le détail de ces coupes. «Et ils ont caché cela aux Canadiens», a regretté le président de l’AFPC, John Gordon.
Au Conseil du Trésor, on rétorque que ces coupes sont une bonne nouvelle pour les Canadiens, puisque le gouvernement «a trouvé des mesures de réduction du déficit équitables et modérées». «Ce que nous faisons, c’est éliminer le gaspillage et le dédoublement inutile — et une administration publique moins lourde, plus abordable, est dans le meilleur intérêt des Canadiens», a plaidé une porte-parole du ministre responsable, Tony Clement, alors que le ministère refuse de préciser quoi que ce soit quant aux suppressions de postes.
Santé Canada a toutefois offert des précisions: jusqu’à 840 emplois y seront supprimés, de même que 300 à l’Agence de la santé publique. Parmi ceux-ci, environ 200 seront des scientifiques.
Au total, 6500 avis ont été envoyés aux membres de l’AFPC afin de leur souligner que leur emploi est en péril. La Défense nationale accusera notamment 1100 pertes d’emploi, tandis que CBC/Radio-Canada coupera 650 postes, dont environ 475 cette année.
Outre ceux-ci, l’Institut professionnel de la fonction publique a aussi annoncé que 1500 de ses membres avaient reçu un avis cette semaine. Au total, ils sont plus de 2000 professionnels et scientifiques à ne pas savoir ce que l’avenir leur réserve. «On dit une fois de plus aux Canadiens de laisser leur santé et leur sécurité entre les mains de l’industrie», a dénoncé le président, Gary Corbett. Et environ 690 membres du syndicat qui représente les économistes et les spécialistes en sciences sociales ont par ailleurs appris hier que leur poste est aussi en péril, tandis que 160 autres avaient été prévenus la semaine dernière.
© Le Devoir
Le danger croît avec les coupes
Apr 12th, 2012
12 avril 2012 - Marie Vastel, Le Devoir
Avec 100 inspecteurs de moins, qui garantira la salubrité des aliments? demande l’Alliance de la fonction publique
Ottawa — Nouvelle semaine, nouvelle ronde de coupes annoncées dans la fonction publique. Et cette fois-ci, ce sont 5561 employés qui ont reçu une lettre les avertissant que leur emploi est menacé, auxquels s’ajoutent quelque 1500 professionnels et scientifiques de l’appareil fédéral. Dans la foulée, services aux contribuables et conseillers du gouvernement seront mis de côté. Mais le gouvernement est «malhonnête», car il refuse toujours de préciser lesquels de ses services seront affectés, a dénoncé le principal syndicat hier.
Parmi ces milliers de fonctionnaires angoissés, seule une partie d’entre eux perdront bel et bien leur emploi. Pour le moment, le fédéral les prévient que leur poste pourrait être supprimé; suivra ensuite une décision définitive au terme de laquelle 19 200 fonctionnaires seront remerciés, selon les prévisions du dernier budget. Pour une deuxième semaine consécutive, ce sont donc ces «avis» qui ont été envoyés dans 23 ministères et agences fédérales, notamment à quelque 230 fonctionnaires au Québec.
L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) déplore le flou que continue d’entretenir Ottawa quant au nombre précis de coupes anticipées et des services qui seront touchés. «Jamais, dans toute l’histoire de la fonction publique, nous n’avons vu tant d’avis sortir si rapidement suite à la sortie d’un budget. Le gouvernement se presse pour annoncer et effectuer ses coupes sans indiquer aux Canadiens ce que ça veut dire pour les services dont ils ont besoin», a accusé en point de presse Larry Rousseau, de l’AFPC, qui craint que les citoyens se retrouvent devant le fait accompli.
Un chiffre a cependant été confirmé, hier: une centaine d’inspecteurs de l’Agence d’inspection des aliments seront mis à pied. «Cette décision ne fera qu’empirer la pénurie d’inspecteurs, au lieu d’améliorer les choses. Et puisque le gouvernement n’a pas daigné consulter ses propres inspecteurs, il coupe dans la salubrité des aliments à l’aveuglette, sans comprendre la gravité des conséquences, a fait valoir Bob Kingston, le président du syndicat Agriculture lié à l’AFPC. Sans policiers dans leur rétroviseur, les compagnies auront la partie facile pour tromper les consommateurs en jouant avec notre sécurité.» Après la crise de la listériose, qui avait fait 23 morts au pays, Ottawa avait ajouté 70 inspecteurs à l’agence. Au terme des réductions, ils seront donc moins nombreux qu’avant la crise de 2008. Or, l’agence fédérale assure, par courriel, que «les mesures de réduction des coûts ne compromettent nullement la salubrité des aliments». Au total, plus de 600 employés de l’agence et 842 au ministère de l’Agriculture ont été avertis que leur poste était en péril.
Dans chaque ministère, le discours est le même: parmi la douzaine contactée par Le Devoir, la poignée d’entre eux qui ont offert certains détails quant aux coupes anticipées ont tous martelé que les services ne seraient pas diminués. Aux Anciens Combattants, où 261 fonctionnaires ont appris que leur poste était menacé, on insiste sur le fait que «ces économies n’ont pas de répercussions sur les services et bénéfices offerts aux vétérans», car on y prétend éliminer simplement «des étapes et des formalités administratives inutiles». Mais ils ont tous refusé de confirmer le nombre de postes qui y seraient supprimés, arguant qu’ils en étaient toujours à avertir les premiers concernés en suivant le processus mis en place par le gouvernement. C’est le cas notamment à l’Agence des services frontaliers (1137 avis reçus) ou à Citoyenneté et Immigration (379 postes menacés). Du côté de l’Agence canadienne de développement international (534 emplois en péril) et l’Agence spatiale (30), on n’a pas daigné répondre à la demande d’information.
Or, les ministères et le Conseil du Trésor (qui mène l’opération) connaissaient avant même le dépôt du budget, il y a deux semaines, le détail de ces coupes. «Et ils ont caché cela aux Canadiens», a regretté le président de l’AFPC, John Gordon.
Au Conseil du Trésor, on rétorque que ces coupes sont une bonne nouvelle pour les Canadiens, puisque le gouvernement «a trouvé des mesures de réduction du déficit équitables et modérées». «Ce que nous faisons, c’est éliminer le gaspillage et le dédoublement inutile — et une administration publique moins lourde, plus abordable, est dans le meilleur intérêt des Canadiens», a plaidé une porte-parole du ministre responsable, Tony Clement, alors que le ministère refuse de préciser quoi que ce soit quant aux suppressions de postes.
Santé Canada a toutefois offert des précisions: jusqu’à 840 emplois y seront supprimés, de même que 300 à l’Agence de la santé publique. Parmi ceux-ci, environ 200 seront des scientifiques.
Au total, 6500 avis ont été envoyés aux membres de l’AFPC afin de leur souligner que leur emploi est en péril. La Défense nationale accusera notamment 1100 pertes d’emploi, tandis que CBC/Radio-Canada coupera 650 postes, dont environ 475 cette année.
Outre ceux-ci, l’Institut professionnel de la fonction publique a aussi annoncé que 1500 de ses membres avaient reçu un avis cette semaine. Au total, ils sont plus de 2000 professionnels et scientifiques à ne pas savoir ce que l’avenir leur réserve. «On dit une fois de plus aux Canadiens de laisser leur santé et leur sécurité entre les mains de l’industrie», a dénoncé le président, Gary Corbett. Et environ 690 membres du syndicat qui représente les économistes et les spécialistes en sciences sociales ont par ailleurs appris hier que leur poste est aussi en péril, tandis que 160 autres avaient été prévenus la semaine dernière.
© Le Devoir
Inspection des viandes : des compressions qui pourraient nuire à la santé des Canadiens
Jan 24th, 2012
Radio-Canada
Le syndicat représentant les inspecteurs fédéraux des viandes affirme que les compressions appliquées dans ce domaine par le gouvernement du Canada poseront des risques pour la santé des Canadiens.
Un tel appel a été lancé par le même syndicat il y a environ deux ans, après l’éclosion de la funeste crise de la listériose.
Plus récemment, les ministères et les organismes du gouvernement fédéral ont reçu l’ordre de trouver des moyens de réduire leurs dépenses de 5 à 10 %.
Bob Kingston, président du Syndicat Agriculture de l’AFPC, qui représente les inspecteurs des aliments à l’emploi de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), croit que c’est justement l’Agence qui écopera des pires coupes dans les programmes de sécurité alimentaire.
Nos inspecteurs ne peuvent arrêter les importations d’aliments dangereux
Jun 15th, 2011
Par Bob Kingston, Ottawa Citizen
L’Agence canadienne d’inspection des aliments pourrait essayer un peu plus de protéger les consommateurs et consommatrices du pays du danger que représentent les aliments importés non sécuritaires. Malheureusement, le fait est que l’Agence n’a pas suffisamment d’argent pour empêcher que de tels produits s’accumulent sur les étagères des magasins.
L’inspection des aliments importés par le Canada est en fait un ensemble de mesures disparates qui ignorent certains produits alors que d’autres sont examinés, sans qu’il y ait une véritable logique en cela. Pour les Canadiens et Canadiennes qui suivent les bulletins de nouvelles quotidiens sur les Allemands qui tombent malades et qui meurent même d’aliments contaminés par une nouvelle souche de la bactérie du colibacille, cela n’est pas fait pour les rassurer.
Des tests et inspections proactifs, autres que la simple surveillance de la tendance par exemple de projets, sont hors de portée des ressources d’inspection de première ligne dont dispose actuellement l’ACIA. En fait, l’inspection des importations d’aliments au Canada constitue l’un des éléments les plus faibles du travail de l’Agence.
Il n’y a qu’une poignée d’inspecteurs et d’inspectrices affectés à la vérification de la salubrité des aliments importés. L’Agence ne peut se permettre que d’affecter temporairement des inspecteurs et inspectrices au contrôle des produits alimentaires importés. Bien que des projets uniques comme l’équipe de surveillance des importations d’aliments soit le bienvenu, il ne s’agit que d’un petit groupe d’inspecteurs et d’inspectrices, et par ailleurs le financement est temporaire – pour une année seulement!
Les inspecteurs et inspectrices qui se consacrent aux importations d’aliments sont entièrement financés par l’industrie, leur objectif étant purement commercial, pour déterminer la qualité et la cote des produits importés, par conséquent leur valeur sur le marché – et non pas pour identifier les menaces à la santé et à la sécurité du public.
Quant aux inspecteurs et inspectrices de l’Agence, ils et elles sont chargés de l’inspection des produits alimentaires importés et exportés. Toutefois, aucun inspecteur ou aucune inspectrice n’a de latitude lorsqu’il s’agit de produits exportés. Lorsque la certification est obligatoire, un certificat de l’Agence pour les exportations d’aliments est obligatoire à 100 %.
Toutefois, lorsqu’il s’agit de l’inspection des aliments importés, l’Agence jouit d’une grande latitude pour permettre que des articles se retrouvent sur les étagères d’épicerie sans avoir été inspectés, ce qui crée une situation carrément impossible pour les inspecteurs et inspectrices et l’ACIA qui font l’objet de fortes pressions de la part de l’industrie canadienne des aliments pour certifier leurs expéditions à des fins d’exportation.
Tout le monde sait que la priorité non officielle est la certification des exportations.
Dans les circonstances actuelles où il y a peu de ressources, l’Alliance et ses inspecteurs et inspectrices sont trop souvent confrontés à une situation où l’inspection des produits inspectés se retrouve au second plan derrière les certificats d’exportation.
L’inspection des importations n’a pas pour but d’empêcher que des produits se retrouvent sur les étagères des épiceries, et moins de 2 % des produits importés au Canada sont inspectés. La grande majorité des inspections des produits importés a lieu pour protéger la santé des plantes et des animaux, et non pas celle des êtres humains.
Des inspections de produits destinés à la consommation humaine ont lieu principalement pour contrôler les tendances et non pour empêcher que des produits dangereux se retrouvent sur les étagères des épiceries. Par exemple, dans la situation peu probable où l’Agence inspecte une cargaison de produits frais qui se retrouvent être contaminés par un insecticide ou un fongicide (parce qu’ils sont couverts d’une couche de poudre blanche, par exemple), les résultats de tests en laboratoire ne seraient pas disponibles bien longtemps après que le produit se soit retrouvé dans les assiettes des consommateurs et consommatrices.
Les inspecteurs et inspectrices, et les consommateurs et consommatrices n’ont pas de moyen de savoir quels traitements ont été utilisés sur les produits crus tels que les fruits et légumes. Les importateurs de fruits et légumes crus doivent déclarer uniquement les traitements exigés par les règlements canadiens sur l’importation; tout autre traitement chimique non exigé pour avoir accès aux consommateurs et consommatrices du Canada, ne doit pas être obligatoirement déclaré.
Ainsi, les inspecteurs et inspectrices de l’Agence prennent des précautions adéquates, par exemple le port de vêtements protecteurs et/ou d’appareils de respiration, lorsqu’ils ou elles inspectent ce type de produits importés car ils ou elles n’ont pas de moyen de savoir quels poisons ou autres produits chimiques dangereux ont été appliqués sur les produits qu’ils ou elles manipulent. Malheureusement, les manipulateurs de produits en aval ainsi que les consommateurs et consommatrices ne sont pas au courant que de telles précautions peuvent être nécessaires.
L’ACIA n’est pas en mesure d’assurer l’équivalence des normes canadiennes dans les systèmes de salubrité des aliments de pays qui exportent des aliments au Canada. Depuis 2007, par exemple, l’Agence n’a pu procéder à une vérification pour s’assurer que les systèmes de salubrité des aliments en Chine respectent les normes canadiennes. D’après ce que nous savons, les seules évaluations d’équivalence de produits étrangers effectuées en 2010 ont eu lieu aux États?Unis.
Toutefois, ce ne sont pas simplement les aliments importés à propos desquels l’Agence ne peut s’assurer qu’ils respectent son mandat. Chaque programme de l’Agence, en dehors de l’inspection des viandes transformées, fait l’objet d’énormes pressions au niveau des ressources. Par exemple, des postes vacants de tous les programmes, sauf en ce qui concerne l’hygiène des viandes, ne sont toujours pas comblés.
Dans une telle situation, le gouvernement prévoit d’investir d’un côté mais de supprimer de l’autre.
Au cours des deux prochaines années, le gouvernement fédéral prévoit des investissements de 18 millions de dollars de plus dans l’inspection de la salubrité des aliments. Parallèlement, le programme controversé d’examen des dépenses qu’Ottawa effectué pourrait bien supprimer plus de 70 millions de dollars du budget de l’Agence.
L’ACIA prévoit de réglementer les importations d’aliments. Il s’agit en principe d’une bonne idée, mais qui vérifiera la mise en application des règlements?
Ainsi, la réglementation et la certification des importateurs d’aliments pourraient bien n’améliorer les apparences qu’en surface. Entre?temps, nos organismes de vérification de la salubrité des aliments n’ont toujours pas les ressources nécessaires pour inspecter les aliments importés, ce qui laisse les consommateurs et consommatrices du Canada exposés à des produits pouvant être dangereux.
Bob Kingston est le président du Syndicat de l’Agriculture de l’AFPC qui représente les inspecteurs et inspectrices des aliments du gouvernement fédéral.
Des lacunes dans l’inspection des aliments importés
Sep 24th, 2010
La salubrité des aliments importés au Canada est loin d’être garantie, conclut une vérification effectuée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), pourtant responsable des contrôles. [Plus...]
