Note d’information : Une entente secrète a-t-elle sabordé l’investissement dans l’inspection des aliments?
Ottawa ( le 1 juin 2011) – Le budget du 22 mars du ministre Flaherty, le ministre des Finances, n’incluait-il pas un investissement destiné à accorder 100 millions de dollars de plus à l’inspection des aliments, sur une période de cinq ans?
Peut-être pas, après tout!
D’après nos sources à l’ACIA, une entente secrète qu’on a réussi à dissimuler dans le budget de mars 2011, budget qui sera à nouveau déposé la semaine prochaine, pourrait très bien entraîner une coupure dans le budget de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.
On dit que l’ACIA s’est engagée, même si personne ne l’a avoué publiquement, à réduire ses dépenses de 35 millions de dollars en échange d’une hausse de l’allocation accordée à l’inspection des aliments, hausse contenue dans le budget préélectoral.
Le problème pour la salubrité des aliments est que le plan de Flaherty prévoit que seulement 18 millions de dollars iront à l’ACIA au cours des deux premières années, laissant l’Agence avec un manque à gagner à court terme, la balance devant vraisemblablement être versée en 2013 et par la suite.
Les porte-parole officiels de l’ACIA ont refusé de commenter la situation, prétextant que le budget est confidentiel.
« Si c’est vrai, avec une hausse grandement supérieure, le ministre des Finances a donné une fausse image de l’augmentation du budget de l’inspection des aliments. Qui plus est, l’ACIA a accepté une réduction budgétaire de 35 millions de dollars en échange de 18 millions de dollars et une reconnaissance de dette qui ne sera peut-être jamais honorée en raison de l’intention du gouvernement de sabrer dans ses dépenses », a déclaré Bob Kingston, le président du Syndicat de l’Agriculture – AFPC qui représente les inspecteurs fédéraux des aliments.
Le prochain examen opérationnel et stratégique nécessitera que les ministères et les agences diminuent leurs dépenses de 10 % ou plus, ce qui représente 72 millions de dollars pour le budget de l’ACIA. De plus, l’ACIA a déjà dû absorber des augmentations de salaires à même ses budgets existants, ce qui a réduit sa capacité en matière de salubrité des aliments.
Selon le budget déposé devant le Parlement le 22 mars, l’investissement de 100 millions de dollars sur cinq ans était destiné à « permettre au gouvernement de compléter sa réponse à toutes les recommandations du rapport Weatherhill par des investissements ciblés dans la formation des inspecteurs, des capacités scientifiques supplémentaires et des outils électroniques pour soutenir le travail des inspecteurs de première ligne ».
« La mauvaise nouvelle pour les consommateurs est qu’Ottawa est loin d’avoir réglé les problèmes de salubrité et d’inspection des aliments que Sheila Weatherill a trouvés à la source des décès de Maple Leaf. Et si cette entente en coulisse est vraie, l’ACIA ne pourra y parvenir. J’espère que le ministre Flaherty dira la vérité le 6 juin et qu’il trouvera les ressources dont notre système de salubrité alimentaire a si grandement besoin, », a déclaré Kingston.
